Par Brit Marling

Publié par the Atlantic le 23/10/2017

 

Quand l’affaire Harvey Weinstein a éclaté, j’ai pensé à ce que me disait ma mère quand j’étais petite : « Pour être une femme libre, il faut être financièrement indépendante. » Elle n’avait pas tort. J’ai fait des études d’économie et j’ai travaillé à New York dans une banque d’investissement. Pour le dire franchement : je voulais de l’argent pour être libre.

J’ai brusquement changé d’orientation alors que je travaillais comme analyste pour Goldman Sachs. J’ai décidé que si je devais vendre mon temps de vie pour me payer ce qui jadis était gratuit — nourriture, eau, abri — il fallait qu’au moins je fasse quelque chose qui me fasse vibrer l’âme. C’est une situation privilégiée, je vous l’accorde. Mais c’est la conclusion à laquelle la jeune femme que j’étais est alors arrivée.

Je m’étais initiée à la comédie et à la réalisation quand j’étais étudiante, et plus je m’y consacrais, plus j’aimais la personne que je devenais. J’écoutais plus finement. J’avais plus d’empathie et d’imagination. Ce sont des qualités qui me semblaient en voie de raréfaction; notre culture valorise les fonceurs qui font du profit sans trop se préoccuper de ceux en subiront les conséquences — généralement des gens pauvres, des gens de couleurs et des femmes. Jouer la comédie me semblait une noble entreprise, et peut-être même un petit acte de résistance.

A Hollywood je suis bien sûr brutalement sortie de cette espèce d’idéalisme. Je me suis vite rendu compte qu’une bonne partie de la ville vivait sur une forme soft, et parfois franche, de prostitution (les jeunes femmes y étaient une marchandise disponible en quantité infinie, face à une demande infinie.) Ceux qui font les films — les gens qui ont le pouvoir économique et artistique — sont dans l’ensemble des hommes blancs hétéro. En 2017, les femmes ne représentent que 23% de la Directors Guild of America (syndicat des réalisateurs) et seuls 11% sont des personnes de couleur.

Les hommes blancs hétéro ont tendance à faire des films qui expriment leur point de vue, ce qui est bien naturel, mais cela implique que les rôles féminins sont en général peu développés. Ils n’ont même pas forcément de nom : j’ai passé des auditions pour les rôles de « Fille au bikini 2 » ou de « Blonde 4 », par exemple. Si les personnages féminins ont la chance d’avoir un nom, ils n’ont généralement pour fonction que de poser les questions qui justifient les brillantes répliques du héros, ou alors ils se font vite tuer pour faire progresser l’intrigue.

Un jour où je faisais la queue pour passer un casting pour un film d’horreur, en apercevant mon reflet dans un miroir j’ai pris conscience que j’étais habillée comme un objet sexuel. Et visiblement c’était aussi le cas de toutes celles qui attendaient leur tour pour le casting du rôle d’« Infirmière ». Toutes, à un degré ou un autre, nous avions intégré que si nous voulions être choisie, nous devions mettre en avant ce qui était attendu de nous : non pas notre talent ni notre imagination, mais notre corps.

Je me souviens que c’est à peu près à cette époque que j’ai participé à un rassemblement où j’ai entendu un militant (homme et blanc) dire « Notre genre et notre race ont tout le pouvoir. Donc quand vous voulez coucher avec une femme, il faut lui demander et attendre son consentement explicite. » Et il a ajouté « Si cette femme est une personne de couleur, elle subit à la fois l’oppression sexiste et l’oppression raciste, alors il faut lui demander deux fois. » Sa façon de présenter les choses était simpliste et son ton sûr de lui était énervant, mais je reconnais qu’il essayait de montrer la difficulté de désamorcer les pressions invisibles qu’exercent le pouvoir et les privilèges dans les rencontres sexuelles. Il tentait de faire comprendre aux autres jeunes hommes pourquoi il peut parfois être difficile à une femme de dire non, quand tout l’environnement culturel lui a appris à ne pas se faire confiance, ou à chercher sa validation au travers de l’approbation des hommes.

Tout cela m’a amenée à réfléchir aux dynamiques de pouvoir en œuvre à Hollywood. Puisque les castings se résumaient essentiellement à rechercher l’approbation des hommes, et puisque je ne me sentais pas toujours en accord avec les scénarios sur le plan politique ou éthique, la seule façon pour moi de m’en sortir à Hollywood avec un tant soit peu de contrôle sur ce que j’y faisais, était de faire moi-même des films. C’est facile à dire, mais très difficile à faire. J’ai arrêté les castings. J’ai pris un boulot en journée, et j’ai passé mes soirées et mes week ends à la bibliothèque, à lire les cours de scénario. J’y ai passé des années. J’ai finalement co-écrit deux films où j’avais le rôle principal, et j’ai eu la chance qu’ils soient programmés à Sundance en 2011.

Je vous ai retracé brièvement mon histoire parce qu’il est important que vous compreniez que lorsque Harvey Weinstein m’a proposé de me rencontrer en 2014 — une fois que le monde du cinéma eut jugé que j’étais de la chair fraîche convenable —, j’étais dans une position quelque peu différente de nombre de celles qui avaient dû affronter cette situation avant moi.

Moi aussi, je me rendis au rendez-vous en pensant que toute ma vie pouvait en être métamorphosée. Moi aussi, il m’a demandé de le retrouver au bar d’un hôtel. Moi aussi, j’ai trouvé là une jeune assistante qui m’a expliqué que finalement il m’attendait dans sa suite parce qu’il avait beaucoup de travail. Moi aussi, j’ai senti mon niveau d’alerte grimper mais me suis rassurée parce que cette autre femme de mon âge était également là. Moi aussi, j’ai senti la terreur au creux de l’estomac quand la jeune femme a quitté la chambre et que je me suis soudain retrouvée seule avec lui. Moi aussi, il m’a proposé un massage, du champagne, des fraises. Moi aussi, assise sur ma chaise, je me suis sentie paralysée d’effroi lorsqu’il a proposé que nous prenions une douche ensemble. Que pouvais-je faire ? Comment ne pas vexer cet homme, ce gardien des clés, qui pouvait me propulser ou me détruire ?

Il était manifeste qu’il voulait que cette rencontre prenne une tournure précise : du sexe, ou une interaction érotique. J’arrivai à me rassembler — une boule de nerfs en ébullition, les mains tremblantes, la voix coincée au fond de la gorge — et à sortir de la chambre.

Une fois chez moi, je fondis en larmes. Je pleurais parce que j’étais montée alors que je savais. Je pleurais parce qu’il m’avait touché les épaules. Je pleurais parce qu’à d’autres époques de ma vie, dans d’autres circonstances, je n’aurais pas réussi à m’en aller.

Aujourd’hui, de nombreuses femmes se sont levées pour témoigner de la façon dont Harvey Weinstein les avait harcelées ou maltraitées. Elles ont toutes un grand courage, y compris celles qui n’ont pas réussi à s’en aller. Je me dis que si j’ai pu quitter la chambre d’Harvey Weinstein ce jour-là, c’est que j’y étais entrée en tant qu’actrice, mais aussi en tant que scénariste et créatrice. De ces deux identités, actrice et scénariste, c’est la scénariste qui s’est levée et qui est sortie. Parce que la scénariste savait que même si cet homme si puissant ne me donnait jamais de rôle dans ses films, que même s’il me blacklistait de tous les autres films, je pourrais tout de même travailler et garder ainsi un toit au-dessus de ma tête.

Je raconte cette histoire parce que dans l’émoi suscité ces jours-ci par tous ces courageux témoignages, il est important de réfléchir à l’économie du consentement. Weinstein avait les clés qui lui permettaient d’ouvrir aux actrices une carrière qui les ferait vivre vivre, elles et leur famille. Il pouvait aussi leur ouvrir la porte de la célébrité, qui est pour les femmes une façon d’accéder à un semblant de pouvoir et d’avoir une place et une voix au sein de notre univers patriarcal. Elles le savaient. Il le savait. Weinstein avait également le pouvoir de faire en sorte que ces femmes ne travaillent plus jamais si elles le vexaient. Et un tel bannissement n’était pas seulement artistique et émotionnel : il s’agissait aussi d’un bannissement économique.

Il est aussi important de se rappeler d’où vient ce déséquilibre des pouvoirs. Aux USA, les femmes n’ont eu le droit d’avoir une carte de crédit à leur propre nom qu’il y a 43 ans. Les hommes avaient deux décennies d’avance (la carte de crédit a été inventée dans les années 1950.) Dans les années 1960, une femme devait obtenir la co-signature d’un homme pour souscrire un emprunt. Qu’il y a si peu de temps on refusait aux femmes leur autonomie financière est stupéfiant. C’est bien entendu lié au fait que les femmes n’avaient pas non plus leur indépendance corporelle. Un mari pouvait battre sa femme ou lui imposer du sexe sans son consentement, sans qu’elle puisse légalement s’y opposer avant les années 1970.

Pour moi, tout cela aboutit à ceci : ce qui se passe dans les chambres d’hôtel ou les bureaux, partout dans le monde (et dans tous les domaines d’activité), entre une femme qui cherche du travail ou qui essaie de le garder, et un homme qui détient le pouvoir de le lui donner ou de l’en priver, se situe dans une zone grise, où le mot « consentement » ne permet pas de saisir toute la complexité de la confrontation. Parce que le consentement dépend du pouvoir. Il faut un minimum de pouvoir pour donner son consentement. Dans bien des cas, les femmes n’ont pas ce pouvoir parce que leurs moyens de subsistance sont en jeu et parce qu’elles sont le genre qui subit l’oppression d’une guerre quotidienne et invisible dirigée contre tout ce qui est féminin (les femmes, et tous les humains qui se comportent ou s’habillent ou pensent ou ressentent de façon féminine, ou qui ont une apparence féminine.)

C’est très fort que des personnes courageuses commencent à dire comment elles ont été blessées ou maltraitées — ce qu’il est très difficile de faire, parce que ça suppose de traverser la mer de honte qu’on vous a fait ressentir. Pour moi elles sont un exemple. Leur force doit guider nos pas, ce qui veut aussi dire ouvrir un large débat sur le rôle que jouent souvent les inégalités économiques dans la culture du viol.

Les hommes détiennent l’essentiel des richesses. En fait, 8 hommes détiennent autant de richesses que les 3,6 milliards de personnes qui forment la moitié la plus pauvre de l’humanité, la majorité d’entre elles étant des femmes, selon Oxfam. En tant que genre, les femmes sont pauvres. Cela signifie que pour arrêter le harcèlement et les abus sexuels, il faut lutter pour l’égalité des revenus. Cela signifie aussi que les femmes et les hommes en situation de pouvoir doivent engager davantage de femmes, en particulier des femmes de couleur, en particulier des femmes qui n’ont pas grandi avec des privilèges économiques.

Un progrès important serait aussi que nous tou·tes, nous commencions à raconter et à consommer d’autres histoires. Si on ne veut pas nourrir une culture dans laquelle le harcèlement et l’abus sexuels prévalent, il ne faut pas acheter de place pour les films qui les promeuvent. Je suis aussi coupable que n’importe qui : il est parfois agréable de se laisser aller à regarder un film pour la distraction et le spectacle. Mais il est peut-être temps d’imaginer plus de films qui n’auraient pas recors à l’exploitation du corps féminin ou à la violence contre les corps féminins comme argument de vente. Mais des films avec un équilibre de genre et un équilibre ethnique plus conformes à la réalité du monde. Ce sont des défis que je tente de relever, en tant que créatrice de séries, mais l’écart est encore grand entre mes intentions et ce que j’ai déjà réalisé.

Une des causes qui font qu’on reste dans la pièce à subir le harcèlement et les abus d’un homme de pouvoir est que, en tant que femme, on a rarement vu l’exemple qu’une autre issue est possible. Dans les romans, dans les films, dans les histoires qu’on nous a racontées depuis la naissance, ça se passe généralement très mal pour les femmes. Le risque majeur, aujourd’hui, serait de ne regarder que les méfaits attribués aux Cosby, Ailes, O’Reilly ou Weinstein sans faire le lien avec notre culture qui continue de tolérer un énorme déséquilibre du pouvoir. Le problème, ce n’est pas ces sales types. Ni ce milieu malsain. Le problème, c’est ce système économique inhumain dont nous sommes tous des rouages. Comme producteurs et comme consommateurs. Comme scénaristes et comme public. Comme être humains. C’est une vérité très inconfortable. Mais l’inconfort est peut-être ce qui nous fera changer de direction et tenter d’aller vers un monde humain, auquel nous pourrions tous librement donner notre consentement.

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Brit Marling est actrice, scénariste et productrice, notamment  de The OA, The East et Sound of My Voice

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Insensiblement, le sens du mot « compétitivité » a évolué, pour arriver à vouloir dire aujourd’hui quelque chose de très différent de son sens d’il y a quelques années. Et, l’air de rien, ce glissement de sens fait de sérieux dégâts.

Autrefois — c’est-à-dire jusqu’à un passé très récent — une entreprise était dite compétitive si elle parvenait à mettre ses produits sur le marché à un prix intéressant par rapport à la concurrence. Si elle n’y parvenait pas, les clients allaient voir ailleurs,l’entreprise ne vendait pas ses produits, et était condamnée à disparaître.

Maintenant, sans qu’on s’en rende bien compte, ce qui est sous-entendu derrière le mot compétitivité, c’est tout-à-fait autre chose : une entreprise est considérée comme compétitive si elle « attire les investisseurs », c’est-à-dire si elle offre à ses actionnaires une rémunération de leur capital intéressante par rapport aux autres investissements possibles.

Ainsi, une entreprise peut être parfaitement compétitive selon le sens d’autrefois, c’est-à-dire être rentable tout en offrant à ses clients des produits à un prix attractif, mais ne pas être compétitive dans le sens nouveau, parce que la rémunération des actionnaires n’est pas assez élevées à leurs yeux, parce qu’il existe mieux ailleurs. C’est ainsi que, de nos jours, il n’est pas rare de voir des entreprises parfaitement rentables fermées par leurs dirigeants, parce que les actionnaires ont trouvé des investissements plus compétitifs (c’est à dire encore plus rentables) et choisissent de « retirer leurs billes » pour les mettre ailleurs.

Or, dans le libéralisme mondial dérégulé, c’est la fête pour les ceux qui ont de l’argent (les « investisseurs ») : des placements de plus en plus juteux leurs sont proposés aux quatre coins du monde, et la course à la « compétitivité » se joue à des niveaux astronomiques.

Dans les années 1950-1970, quand une entreprise rapportait 3% par an à ses actionnaires, c’était considéré comme un bon placement. Aujourd’hui, un placement à 3% ferait pouffer de mépris les marchés financiers. Il n’est pas rare qu’une entreprise offre des rendements de 10%, voire 15% par an, à ses actionnaires. Aujourd’hui, à 15%, on est compétitif. Mais demain ? L’exigence de compétitivité va-t-elle conduire à une telle baisse des salaires que des entreprises arriveront à servir du 30% ou du 50% de rentabilité à leurs investisseurs ? Alors celles qui ne proposent que du 15% seront jugées insuffisamment compétitives et seront sommées de « s’adapter » sous peine d’être fermées. On le comprend, cette course est une spirale infernale qui n’a pas de limite.

Par ailleurs, le changement de sens recouvre des réalités bien distinctes. Primo, si la compétition (ancien sens) se jouait entre entreprises fournissant des produits semblables, elle se joue désormais tous secteurs confondus : les investisseurs dédaigneront telle usine sidérurgique ici s’il est plus juteux de miser sur une fabrique de T-shirts ailleurs.

Secundo, le public à séduire n’est plus le même selon le sens qui est derrière : la compétitivité visait à attirer les « clients », c’est-à-dire le grand nombre, par des prix abordables, alors que la compétitivité se joue face aux investisseurs, c’est-à-dire un petit nombre d’individus (« les 1% », comme diraient les Indignés.) Et l’exigence de compétitivité sert désormais, non pas à offrir aux clients des produits à un prix abordable, mais à enrichir de plus en plus vite la petite classe des actionnaires et des investisseurs.

Il s’agit bien d’une entourloupe et il est utile de la démasquer.

En effet, si on utilise le sens d’autrefois, la compétitivité est vitale pour une entreprise : si elle n’est pas compétitive, elle ne parvient pas à vendre, et n’a donc pas les revenus nécessaires pour perdurer. Dans une économie de marché, c’est une évidence. Le mot « compétitif », à force d’être utilisé dans ce sens-là, s’est donc chargé d’un sens associé : « évidemment nécessaire pour survivre ».

Par contre, il n’est absolument pas besoin qu’une entreprise soit compétitive dans le nouveau sens du mot pour continuer à vivre : une entreprise dont les revenus suffisent à couvrir les coûts est parfaitement viable. La rémunération du capital n’est pas une nécessité économique. Certes elle est « naturelle » dans une économie capitaliste, mais son niveau n’a, lui, rien de naturel : il est le résultat d’un rapport de force, dans lequel le politique pourrait avoir son mot à dire.

Aujourd’hui, parce qu’une rémunération à 10% ou 12% par an de leurs placements financiers leur semble insuffisante, les investisseurs n’hésitent pas, sous prétexte d’améliorer la compétitivité, à exiger que, pour faire augmenter leurs rendements, on abaisse le « coût du travail », c’est à dire le niveau de rémunération des salariés (de façon « discrète », en baissant les cotisations sociales — c’est-à-dire les « charges », dans le vocabulaire patronal — mais qui sont bien du revenu perçu par les salariés sous d’autres formes : remboursement de frais de santé, allocations chômage, pensions de retraite…)

Actuellement, les dirigeants politiques semblent admettre que la compétitivité est vitale, et cèdent presque systématiquement aux arguments patronaux. Au mieux, c’est de l’aveuglement. Car une entreprise, si on la protège de la voracité des investisseurs, a beaucoup plus de chances de vivre et de prospérer. Comment la protéger ? Il y aurait mille et une façon de le faire. Quelques pistes :

– un pôle public d’investissement qui se contenterait d’une rentabilité faible , sachant bien que l’activité permise par ses investissements aura des impacts positifs sur toute l’économie, et des répercussions indirectes sur les finances nationales via les recettes fiscales engendrées par l’accroissement des richesses produites.

– la propriété collective des entreprises par leurs salariés. Les SCOP sont un exemple possible, et il y en a actuellement de florissants exemples.

– une fiscalité très fortement progressive qui dissuaderait un enrichissement trop rapide.

Bien entendu, même en ces temps de compétitivité exacerbée, la compétitivité reste une nécessité. Mais le monde de la finance (dont le Medef est un représentant actif), joue à loisir sur le glissement de sens, affublant la compétitivité du caractère indiscutablement nécessaire de la compétitivité (ancien sens), ce qui relève de l’usurpation. Si l’on prend conscience que le sens actuel du mot compétitivité n’a pas le caractère vital et impératif qu’on a pris l’habitude de lui associer sans réfléchir, on peut sans doute mieux contester les arguments actuels du Medef, et s’opposer au sacrifice du niveau de vie des salariés.

Une dernière chose à ne pas perdre de vue : la rémunération du capital constitue une charge, pour les entreprises : on retrouve le poids de cette rémunération dans le prix de vente des produits qu’elles proposent. Plus une entreprise rémunère ses actionnaire, c’est à dire plus elle est compétitive au sens du Medef, moins elle peut baisser le prix de ses produits pour séduire des clients.

Ainsi, la compétitivité est un véritable frein à la compétitivité.

Comme en 2003, le « problème » du déficit des Intermittents est porté à la Une des médias, et sert de justification à une probable réforme « nécessaire ». Certes, on peut, à la marge, se demander quel serait le « bon » niveau du déficit, mais il faut être idiot, mal informé ou malhonnête pour s’étonner que le régime d’Assurance Chômage des Intermittents du Spectacle soit déficitaire.

Ce régime doit être déficitaire : il est conçu pour distribuer, à une population aux revenus salariaux précaires, davantage de ressources que ce qu’elle pourrait cotiser elle-même. Cette cotisation cotise peu (elle est peu nombreuse) et reçoit davantage (elle est souvent au chômage) ; le résultat ne peut donc être qu’un déficit, et c’est absolument normal.

On pourrait tenir le même raisonnement pour n’importe quel autre groupe de chômeurs indemnisés : ils sont déficitaires, et c’est normal ! C’est à ça que sert l’Assurance Chômage : à transférer un excédent (les cotisations des salariés qui travaillent) vers un « déficit » (les indemnités versées aux demandeurs d’emploi.)

Les Intermittents n’ont pas accès au CDI : chacun de leur contrat de travail est un CDD, qui peut durer de quelques heures à quelques mois. Entre deux contrats, il faut bien que ces gens vivent, et l’Assurance Chômage le leur permet. Ils ont donc moins de stabilité salariale que les autres catégories professionnelles (où le CDI est non seulement possible mais la règle normale), et pour compenser cette précarité, on a assoupli pour eux les conditions d’accès à une indemnisation chômage, mais le principe est le même que pour les autres salariés : quand on travaille on cotise, et quand on est privé d’emploi, on est indemnisé (si on a suffisamment travaillé auparavant.)

Si on prend le cas d’un individu qui passe au cours d’une année à la fois par de l’emploi salarié et par du chômage indemnisé, il cotise 6,40% de son salaire brut lorsqu’il travaille, et, lorsqu’il est indemnisé, il perçoit une allocation comprise entre 57 et 75% de ce qu’était son salaire. Sans prétendre à l’exactitude, on peut tout de même calculer qu’il faut travailler environ 10 mois pour cotiser l’équivalent de ce qu’on peut percevoir en 1 mois de chômage. Un individu qui passe plus de 10% de son temps au chômage est donc « déficitaire » : il cotise moins que ce qu’il touche en allocations. C’est le cas de la plupart des intermittents du spectacle, et c’est le cas  de la grande majorité des chômeurs indemnisés. (D’ailleurs, pour un intermittent, les chiffres sont un peu différents : il cotise 10,8% de ses salaires, et touche une allocation généralement plus faible que dans le régime général, mais ça ne modifie pas fondamentalement le raisonnement.)

Et quand bien même on supprimerait le régime spécifique des Intermittents et qu’on leur appliquait le régime général, ils seraient toujours déficitaires : certes un plus petit nombre d’entre eux parviendrait à ouvrir des droits à indemnisation de leurs périodes de chômage, mais ça ne conduirait pas les intermittents à travailler plus de 10 mois par an : la structure de leurs emplois ne le permet pas. Ils continueraient donc à cotiser moins que ce qu’ils perçoivent.

Nous avons donc montré qu’il est absurde d’imaginer parvenir à l’équilibre financier du régime d’indemnisation chômage des Intermittents du Spectacle. De même qu’il serait absurde de demander aux malades atteints d’une pathologie lourde de ne pas être « déficitaires » vis-à-vis de la Sécurité Sociale. Le système d’assurance chômage, comme celui de la Sécu, est fondé sur la solidarité : ceux qui « vont bien » cotisent pour ceux qui ont « besoin d ‘aide », le déficit des derniers étant financé par l’excédent des premiers. Si on demande à un groupe de malades ou de chômeurs d’assurer eux-mêmes leur équilibre financier, on détruit le principe même du système d’indemnisation.

Pour conclure, le simple fait d’afficher le « déficit » des Intermittents comme un problème est au mieux une idiotie, ou au pire une attaque contre l’un des fondements mêmes du système d’Assurance Chômage en France : la solidarité interprofessionnelle.

Paradoxalement, et contrairement à ce que les dirigeants politiques de presque tous les bords semblent considérer comme évident, les mesures de lutte contre l’immigration constituent aussi un encouragement à l’immigration clandestine, alors qu’elles prétendent être un moyen de la dissuader.

Voici comment :

Comme je l’ai écrit dans un autre article, la politique de répression des Sans-papiers a pour effet de les transformer en une main d’oeuvre plus rentable et plus « compétitive » que les Français (ou que les étrangers en situation régulière). En effet, comme la peur d’être expulsés les empêche d’aller se plaindre à la police, les Sans-papiers constituent une main d’oeuvre certes illégale, mais hyper docile, hyper-flexible, et maintenue dans l’incapacité d’exiger quoi que ce soit face à ses employeurs.

Du coup, dans certains secteurs d’activité, des patrons peu scrupuleux savent en profiter, et préfèrent employer des Sans-papiers que des salariés en situation régulière (français ou étrangers). Et il ne faut pas se tromper : c’est parce qu‘il y a une politique de répression et d’expulsion des Sans-papiers que cela est possible. Autrement dit, c’est parce qu’il y a sur le territoire national des catégories de population qui ont moins de droits que les autres, et qu’elles sont contraintes d’accepter des conditions de travail et de salaire inacceptables, qui feraient normalement condamner les employeurs par les tribunaux si elles étaient dénoncées.

Cela a même des effets de contagion : puisque notre système économique est fondé sur la concurrence, une entreprise qui parvient à baisser ses coûts de production en employant une main d’oeuvre clandestine sous-payée et sur-exploitée aura de meilleures chances de prospérer qu’une entreprise qui respecte les conditions légale d’emploi et de salaire. Par exemple, une entreprise de nettoyage qui répond à des appels d’offres pour des contrats de nettoyage de bureaux, si elle respecte la loi, n’a quasiment aucune chance de remporter un appel d’offre : les concurrentes qui sous-paient une main d’oeuvre terrorisée et docile pourront proposer des tarifs bien plus intéressants, et remporteront tous les appels d’offre ! Pour rester compétitif, le recours à une main d’oeuvre sans droits devient alors la règle. On pourrait tenir le même raisonnement pour les entreprises de construction, de travaux publics, ou de blanchisserie industrielle, par exemple, ou pour l’hôtellerie-restauration, où les prix bas ont un sérieux pouvoir d’attraction sur la clientèle…

Du coup, dans ces secteurs, les Sans-papiers sont employés en grand nombre, et il devient « habituel » de payer les employés bien en-dessous des salaires légaux. C’est ainsi que les normes de salaire et d’emploi baissent, et qu’un salarié français (ou étranger muni de papiers) apparaît trop cher aux yeux des employeurs, même s’il n’a pas d’autres exigences que le respect du salaire minimal et des horaires légaux. On préférera employer un Sans-papiers, qui, en plus, ne risquera pas d’aller se plaindre à la police ou à l’Inspection du Travail, même si on l’exploite à outrance ou si on oublie de le payer… Le résultat est une pression à la baisse sur les salaires, y compris pour les Français.

Répétons-le : ce n’est pas parce qu’il y a des étrangers en France que cette dérive se produit, mais parce que ces étrangers n’ont pas les mêmes droits que les autres travailleurs et qu’ils vivent dans la peur. Peur des expulsions, peur de la police.

D’ailleurs, les associations de défense des Sans-papiers connaissent bien le phénomène : lorsqu’un Sans-papiers est régularisé, dans la plupart des cas, il perd aussitôt son emploi…

Ce que l’on observe sur le terrain n’est donc pas surprenant : les Sans-papiers en France trouvent relativement facilement du travail.

Bien entendu, même si ce sont des emplois sous-payés, le fait qu’ils trouvent du travail se sait dans leurs pays d’origine. D’autant que, même surexploités, nombreux sont ceux qui se débrouillent pour envoyer chaque mois quelques dizaines ou quelques centaines d’euros à leurs proches restés au pays. Par conséquent, la France (et les pays qui répriment leurs « clandestins ») ont bien la réputation qu’on y trouve du travail !

Le fameux « appel d’air », invoqué par les politiques pour refuser de régulariser, est donc peut-être davantage créé par l’acharnement de la machine à expulser que par d’éventuelles régularisations. Il y a quelques années, lorsque l’Espagne se montrait accueillante envers les migrants, on rencontrait en France des Sans-papiers qui expliquaient : « en Espagne on a des droits mais il n’y a pas de travail ; alors on vient en France : on n’y a pas de droits, mais il y a du travail ! » Est-ce surprenant ?

Depuis l’émergence du Front National dans les années 1980, la “riposte” idéologique que lui opposent la droite républicaine et la gauche est insuffisante. Elle est essentiellement morale, et semble incapable de répondre sur le fond à certaines thèses d’extrême droite. Cet article tente de fournir quelques arguments de fond, contre une idée que le FN a apparemment réussi à faire entrer dans la pensée des Français, bien au-delà de ses propres électeurs.

Cette idée, avancée depuis longtemps par le Front National, est que le niveau du chômage en France est directement lié à la présence d’immigrés dans le pays. On se souvient par exemple de l’affiche faisant le lien entre “2 millions de chômeurs et 2 millions d’immigrés”. La réponse usuelle (et peut-être la seule qui ait été relayée par les médias), consistant à s’insurger contre cette reprise de thèmes nazis, n’est pas suffisante. Notamment, pour des Français qui se sentent malmenés par la situation économique, qui se sentent menacés ou atteints par le chômage et par une baisse sensible de leur niveau de vie, il n’est sans doute pas acceptable d’entendre une argumentation morale dont la traduction explicite pourrait être “oui, c’est vrai, les immigrés sont en train de vous prendre votre travail, mais il faut l’accepter, parce que c’est bien, de partager, et que nous devons prendre notre part de la misère du monde, et que les parents ou grands parents de ces immigrés se sont battus pour la France…

Or, les arguments de fond existent. En voici quelques uns.

D’abord, c’est assez simple à comprendre, les immigrés sont aussi des consommateurs. Ils ont besoin de se nourrir, de se loger, de se déplacer, de s’habiller, etc. Leur présence accroît donc la demande locale de biens et de services, dont la production nécessite du travail. Pour résumer, leur présence ne fait pas qu’occuper des emploi : elle crée aussi de l’emploi. Dans le commerce, dans l’agroalimentaire, dans le bâtiment, etc. Si on expulsait 2 millions d’étrangers, comme semble le vouloir l’extrême droite, la baisse de la demande intérieure mettrait au chômage un nombre considérable de Français : la suppression d’emploi correspondrait aux nombre de travailleurs qu’il faut pour produire, acheminer et vendre ce que consomment 2 millions de personnes.

L’argument suivant est plus complexe, et je vais m’y attarder davantage.

Actuellement, on observe que les sans-papiers en France trouvent facilement du travail. Et c’est logique : comme ils n’ont pas le droit de travailler et que la peur d’être expulsés les empêche d’aller se plaindre à la police, ils constituent une main d’oeuvre certes illégale, mais hyper docile, hyper-flexible, incapable d’avoir des exigences face à leurs employeurs. Ils sont donc infiniment plus rentables que des salariés avec des droits. Et dans certains secteurs d’activité, des patrons peu scrupuleux savent en profiter, et préfèrent employer des Sans-papiers que des salariés en situation régulière (français ou étrangers). Et il ne faut pas se tromper : c’est parce qu‘il y a une politique de répression et d’expulsion des sans-papiers que cela est possible. Autrement dit, c’est parce qu’il y a sur le territoire national des catégories de population qui ont moins de droits que d’autres, qu’elles sont contraintes d’accepter des conditions de travail et de rémunération qui feraient normalement condamner les employeurs par les Prud’hommes.

Cela a même des effets de contagion : puisque notre système économique est fondé sur la concurrence, une entreprise qui parvient à baisser ses coûts de production en employant une main d’oeuvre clandestine sous-payée et sur-exploitée aura de meilleure chance de prospérer qu’une entreprise qui respecte les conditions légale d’emploi et de salaire. Par exemple, une entreprise de nettoyage qui répond aux appels d’offres pour des contrats de nettoyage de bureaux, si elle respecte la loi, n’a quasiment aucune chance de remporter un appel d’offre : les concurrentes qui sous-paient une main d’oeuvre terrorisée et docile pourront proposer des tarifs bien plus intéressants ! Pour rester compétitif, le recours à une main d’oeuvre sans droits devient la règle. On pourrait tenir le même raisonnement pour les entreprises de travaux publics, de BTP, par exemple, ou pour l’hôtellerie-restauration, où les prix bas ont un sérieux pouvoir d’attraction sur la clientèle…

Du coup, dans ces secteurs, les normes d’emploi baissent, et un salarié français (ou étranger avec papiers) apparaît trop cher même s’il n’a pas d’autres exigences que le respect du salaire minimal et des horaires légaux. On préférera employer un Sans-papiers, qui, en plus, ne risquera pas d’aller se plaindre à la police ou à l’inspection du Travail, même si on l’exploite à outrance ou si on oublie de le payer… Répétons-le : ce n’est pas parce qu’il y a des étrangers en France que cette dérive se produit, mais parce que ces étrangers n’ont pas les mêmes droits que les autres travailleurs et qu’ils vivent dans la peur. Peur des expulsions, peur de la police.

D’ailleurs, les associations de défense des Sans-papiers connaissent bien le phénomène : lorsqu’un Sans-papiers est régularisé, dans la plupart des cas, il perd aussitôt son emploi…

Pour résumer : si les immigrés “prennent le travail” des Français, ce n’est pas parce qu’ils sont immigrés, mais parce qu’ils ont sans droits.

Si un beau jour on décidait que les bruns aux yeux verts n’ont pas le droit de travailler et qu’ils seront horriblement punis s’ils occupent un emploi, on verra les cuisines des restaurants, les chantiers, les usines, les bureaux, etc. fourmiller de gens teints en blond portant aux yeux des lentilles bleues ou noisette…

Plus sérieusement, ce qu’il faut comprendre, c’est que, quels que soient les critères discriminants choisis, le fait de donner des droits différents à une part de la population vis-à-vis de ses employeurs, a des effets déstabilisants pour tout le marché du travail, avec des effets qui peuvent aller en sens inverse de ce que l’on pourrait imaginer spontanément.

Or, ce que préconise le Front National avec l’idée de “préférence nationale”, c’est précisément de priver une catégorie de population (les immigrés et leurs descendants) de droits qui seraient accordés aux seuls “nationaux”. L’idée est (soit-disant) de protéger les emplois des Français, mais la mise en oeuvre d’une telle politique aurait un effet inverse :  la population immigrée serait main d’oeuvre privée de droits, donc moins chère et plus rentable que les Français. Dans des conditions clandestines, dissimulées, d’innombrables employeurs y auraient recours en priorité. Le chômage des Français en serait d’autant plus aggravé.

A l’inverse, une régularisation systématique de tous les Sans-papiers, sans condition, et l’arrêt de toute politique répressive à leur égard, aurait des effets bénéfiques sur l’emploi et les salaires des Français. En effet, si on remettait à égalité de droits tous les individus présents sur le sol national, les employeurs n’auraient plus la possibilité de jouer sur cette concurrence involontairement déloyale entre travailleurs avec droits et sans droits, les Français (et étrangers en situation régulière) se retrouveraient au même niveau de rentabilité que les autres. Mieux encore, il n’y aurait plus comme actuellement, aux niveaux des entreprises, une concurrence faussée entre celles qui emploient des salariés en règle et celles qui ont recours aux Sans-Papiers, et les salaires normaux ne seraient plus considérés comme trop chers.

Pour conclure, la régularisation de tous les Sans-papiers supprimerait l’un des facteurs de pression à la baisse sur les salaires, et réouvrirait aux Français l’accès à toute une catégorie d’emplois actuellement quasi “réservés” à une main d’oeuvre sous-payée.

La “préférence nationale” aurait un effet diamétralement opposé : rendre les Français “trop chers” sur le marché du travail, en comparaison de la réserve de main d’oeuvre sans droits à quoi seraient réduits les “étrangers”.

Une fois cela compris, on peut aussi se demander à qui profite le refus de régulariser les Sans-papiers. Certainement pas aux chômeurs français, on vient de le voir… Bien plus certainement à certains employeurs et aux actionnaires de certaines entreprises, qui, en pratiquant une politique salariale dégagée des contraintes légales, peuvent  accroître leur marge bénéficiaire.

Et en prônant la préférence nationale, ce n’est donc pas les intérêts de la population française que défend le Front National, mais plutôt les intérêts d’une certaine frange du patronat.

Quelques mots de présentation avant de me lancer dans le vif des sujets…

Celui qui va s’exprimer sur ce blog est un peu extraterrestre, étant le résultat d’influences apparemment contradictoires et d’une situation improbable :

Je suis le fils d’un militant communiste et de l’héritière d’une fortune confortable ; mes grands-parents étaient de familles juives pour certains, « bien françaises » pour d’autres, parmi lesquelles il y a eu des antisémites et des collabos pendant la 2ème Guerre Mondiale.

De mon père, j’ai reçu une certaine conscience politique et un sens critique bien aiguisé à l’égard des discours politiques dominants.

De ma mère, j’ai reçu l’aisance financière qui me met à l’abri du besoin et me laisse le temps de creuser mes idées, de chercher des informations chiffrées et de les analyser, et de m’engager dans certains combats politiques, associatifs ou syndicaux.

Des deux, j’ai reçu une familiarité avec la rigueur scientifique, une facilité pour les maths et les chiffres, et sans doute une forme d’idéalisme humaniste.

A la fois sensible au sort des humains, indigné par les injustices et en guerre contre les mensonges qui prétendent les justifier, et privilégié dans mes conditions de vie, je tenterai ici de partager quelques outils pour résister à la pensée dominante qui nous envoie droit dans le mur des inégalités sociales croissantes, de la violence économique, et des souffrances, des frustrations et des haines qui en résultent.

Selon les posts, il sera question de politique économique, de libéralisme, de réforme des retraites ou de l’assurance-chômage, d’immigration, du conflit israélo-palestinien, d’Union Européenne, d’Institutions Financières Internationales, d’OGM, et peut-être de liberté sexuelle si vous êtes sages.

Je n’appartiens à aucun parti politique, et je n’exprimerai ici que mes idées personnelles, certes nourries de celles de nombreux autres (que je citerai à l’occasion), et je ne prétends représenter personne.

Tout cela étant précisé, je vous souhaite une bonne lecture, et j’attends vos commentaires avec plaisir, ainsi que vos critiques, aussi longtemps qu’elles permettent le débat d’idée sur la base d’arguments de bonne foi.

PS : Pour des questions de vie privée et professionnelle, je resterai anonyme ici, et je prie par avance ceux qui parviendront à me reconnaître de ne pas dévoiler mon identité, que ce soit ici au travers de leurs commentaires ou en-dehors du blog.